À propos

Dans l’écriture je n’ai pas de frein, pas de scrupule, parce qu’il n’y a que moi, pratiquement, qui suis en jeu (les autres sont relégués, en abstraction de personnes, sous formes d’initiales), tandis que dans la photo il y a le corps des autres, des parents, des amis, et j’ai toujours une petite appréhension : ne suis-je pas en train de les trahir en les transformant ainsi en objets de vision ? Cette question, heureusement, est vite chassée par une autre idée : qu’en dévoilant ainsi à d’autres, à des corps étrangers, passants et peut-être indifférents (je peux aussi les imaginer complices), des corps familiers, des corps aimés, je ne fais qu’une chose – et c’est une chose énorme, je crois, c’est en tout cas le but de toute mon activité, de toute ma prétention créatrice : témoigner de mon amour.

– Hervé Guibert, Le Seul visage.

Je fragmente, superpose, abîme, colle et collecte. J’observe et j’invente. Entre photographie de rue et autoportrait, numérique et argentique, ma pratique photographique est très liée à ma pratique de l’écriture : elle nourrit mes fictions et porte en soi une multitude d’histoires.

 📷 Toutes les photos m’appartiennent, sauf mention contraire.

Bonne découverte !

Camille Reynaud

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